2012... Je vote donc nous sommes
La CFDT interpelle les candidats à la présidentielle
Indépendante
de tous les partis, la CFDT ne donne pas de consigne de vote en vue de
la présidentielle. Ce choix de l’autonomie face au pouvoir politique ne
l’empêche pas de participer au débat public afin d’imposer ses idées et
d’éclairer le choix des électeurs.
Les périodes électorales sont des
enjeux forts pour la démocratie, et la CFDT a un rôle tout particulier à
jouer. Il lui faut s’investir sans remettre en cause ses fondamentaux,
en particulier son autonomie vis-à-vis du politique. « En tant que
corps intermédiaire qui participe à l’intérêt général, nous redonnons de
la cohérence aux demandes multiples d’une société en perte de repères,
insiste la secrétaire nationale Laurence Laigo. Pendant cette campagne,
nous devons être la voix majeure du monde du travail dans un contexte
incertain, tant au niveau national qu’international. »
Un moment crucial pour la démocratie
Autonomie ne signifie pas désintérêt ou effacement, tout au contraire.
Pendant toute la campagne présidentielle et plus tard, pendant celle des
législatives, la CFDT compte bien être présente pour faire entendre la
voix des salariés. Les périodes électorales sont en effet des moments
cruciaux dans les démocraties, et la crise actuelle renforce la
responsabilité des corps intermédiaires tels que les organisations
syndicales. « Une de nos premières missions est de mobiliser les
salariés afin qu’ils prennent part au débat, explique Laurence Laigo.
Nous les avons déjà encouragés à s’inscrire sur les listes électorales,
et nous devons à présent les convaincre d’aller voter. La montée de
l’abstention à chaque scrutin, particulièrement élevée dans les milieux
populaires, ne peut laisser indifférente notre organisation. C’est le
plus sûr moyen de donner de la légitimité aux responsables politiques et
de renforcer notre capacité d’intervention et de contrôle en tant que
citoyens. »
Le contexte économique difficile dans lequel se dérouleront ces
élections laisse également craindre une montée du vote extrême… que
combat avec force la CFDT au sein des entreprises. Pour l’extrême
droite, les crises ont toujours été une aubaine, comme le montre
l’audience actuelle du Front national. Son expression faussement
réconfortante, mais réellement réactionnaire (retour au franc, fermeture
des frontières, préférence nationale, etc.) cache mal un programme
extrêmement violent qui fait des étrangers, des personnes d’origine
étrangère ou encore de tous les gens qui combattent leurs idées
(syndicalistes, militants associatifs, bénévoles…) les boucs émissaires
mais aussi les responsables de tous les maux de notre société. « Le
Front national n’est pas un parti comme les autres, rappelle, dès
qu’il en a l’occasion, François Chérèque. Ce pour quoi il se bat est
antinomique avec les valeurs que nous défendons. »
Dans ce contexte délicat, la présence de la CFDT dans le débat doit
permettre que les véritables questions, celles auxquelles sont
confrontés les salariés, soient réellement abordées par les divers
candidats au cours de la campagne. C’est dans cet état d’esprit, à la
fois constructif et combatif, qu’a été rédigée à leur attention une
adresse, et qu’un forum de la société civile se déroulera dans les
locaux de la Confédération les 10 et 11 mars prochain. L’objectif de ces
deux initiatives est on ne peut plus clair : présenter dans le débat
public les attentes de la CFDT et promouvoir nos solutions pour répondre
au malaise social.
Débattre pour éclairer les citoyens
Sous le titre "Présidentielle 2012 – La CFDT s’adresse aux candidats",
cette interpellation présente ainsi de manière à la fois précise et
concise les enjeux auxquels les prétendants à « la plus haute
fonction de l’État » devront faire face et sur lesquels la CFDT
souhaite qu’ils s’expriment. Ce document sert d’ailleurs de fil
conducteur lors des rencontres que la CFDT a ou aura avec les candidats
et leur équipe de campagne. Afin de gagner en clarté, ladite adresse
s’articule en trois temps. Tout d’abord, les mesures que ces candidats
souhaitent prendre à court et moyen termes pour répondre à la situation
sociale dégradée que nous connaissons aujourd’hui. Veulent-ils revenir
sur la défiscalisation des heures supplémentaires ? Vont-ils lancer le
débat au sujet de la réforme systémique des retraites dès 2012 ? Quelles
réformes de la fiscalité envisagent-ils s’ils prétendent réduire les
inégalités et mieux défendre la cohésion sociale ? Autant de sujets
incontournables, que le futur président de la République ne peut
dédaigner, et qui méritent, à tout le moins, d’être débattus.
La deuxième partie de l’adresse s’intéresse à l’avenir au travers de
questions concernant la formation (initiale et professionnelle), la
sécurisation des parcours professionnels, le développement durable,
l’aménagement du territoire ou l’Europe.
Enfin, dans la troisième partie, plus prospective, les candidats sont
invités à s’exprimer sur la manière dont ils envisagent de gouverner, de
mener à bien les réformes qu’ils proposent. Quelle place vont-ils donner
aux partenaires sociaux ? Comment comptent-ils mener les débats publics
? Quelle est leur vision du rôle des acteurs de la société civile ? «
Avec cette adresse, nous n’attendons pas que les candidats nous fassent
des promesses sur tel ou tel sujet dont on sait bien qu’elles n’engagent
que ceux qui y croient, explique Laurence Laigo. Nous souhaitons
en revanche qu’ils répondent à cette interpellation pour confronter
leurs points de vue et analyses à notre propre grille de lecture. Mais
il n’est pas question d’agir comme un lobby qui tenterait de faire
pression en vue d’obtenir des contreparties. » Les réponses des
candidats seront rendues publiques grâce aux moyens de communication de
la CFDT. L’enjeu, c’est d’éclairer le plus grand nombre de salariés à
l’heure du choix.
Jérôme Citron
Confédération CFDT